Un véhicule VTC retrouvé sans rétroviseur, une vitre brisée, ou une voiture disparue pendant la nuit : la première pensée est souvent d'ouvrir un dossier auprès de l'assureur qui a délivré l'attestation de responsabilité civile professionnelle. Ce réflexe repose pourtant sur une confusion fréquente. Le vol et le vandalisme d'un véhicule ne sont pas, par principe, des dossiers de RC professionnelle. Ce guide explique pourquoi, indique où chercher la garantie adaptée et ce qu'il convient de déclarer et de conserver.

Vol et vandalisme : des faits qui ne relèvent pas de la responsabilité civile
La RC professionnelle remplit une fonction précise : couvrir la responsabilité du professionnel lorsque son activité cause un dommage à un tiers. L'article L3120-4 du Code des transports impose aux personnes fournissant des prestations de transport public particulier de pouvoir justifier à tout moment d'un contrat couvrant leur responsabilité civile professionnelle.
Le vol ou le vandalisme du véhicule ne correspond pas à ce schéma. Le dommage est alors subi par le chauffeur lui-même, sur son propre véhicule. Aucun tiers n'est indemnisé parce que le professionnel a causé un préjudice. La garantie de responsabilité civile professionnelle n'est pas conçue pour répondre à cette situation.
Cette distinction est essentielle : elle renvoie à la différence entre la RC professionnelle, liée à l'activité, et la responsabilité civile liée au véhicule et à la circulation. Nous l'expliquons dans notre guide dédié aux différences entre RC pro et RC circulation.
Le bon dossier se construit du côté du contrat du véhicule
Les garanties susceptibles de répondre au vol et au vandalisme se trouvent dans le contrat d'assurance du véhicule, et non dans l'attestation de RC professionnelle. Il s'agit généralement de garanties dites « vol » ou « dommages », selon la formule souscrite.
- La garantie vol couvre, selon les stipulations du contrat, la disparition du véhicule et parfois certains de ses éléments.
- Le vandalisme peut être pris en charge par une garantie vol ou une garantie dommages, selon les cas et les contrats.
- Un contrat au tiers n'inclut pas nécessairement ces garanties : la formule détermine le périmètre.
Le contenu exact de ces garanties est une stipulation contractuelle. Il varie d'un contrat à l'autre, et aucune règle générale ne permet de promettre une prise en charge. La lecture des conditions particulières et générales du contrat concerné est indispensable avant toute conclusion.
Que vérifier dans les conditions générales et particulières
Avant de contacter l'assureur, relire le contrat du véhicule en cherchant :
- les conditions de déclenchement de la garantie vol, par exemple l'effraction, le vol des clés ou la disparition du véhicule ;
- les exclusions éventuelles, comme un véhicule laissé non verrouillé ou des clés laissées à bord ;
- les documents exigés pour constituer le dossier : déclaration de vol auprès de la police ou de la gendarmerie, certificat d'immatriculation, clés ;
- le délai de déclaration et les modalités de remise des pièces.
Ces informations figurent dans le document contractuel, qui reste la référence. Si le contrat ne répond pas clairement, une confirmation écrite de l'assureur est préférable à toute interprétation.
Les obligations qui demeurent : déclarer, documenter, conserver
Quel que soit le contrat concerné, l'article L113-2 du Code des assurances rappelle deux devoirs : l'assuré répond exactement aux questions de l'assureur et avise ce dernier d'un sinistre dans le délai prévu par le contrat. Le minimum légal est en principe de cinq jours ouvrés, mais il est ramené à deux jours ouvrés en cas de vol.
Après un vol ou un acte de vandalisme, il est utile de :
- effectuer les démarches auprès des autorités et conserver une copie du document délivré ;
- photographier les dégâts avant toute réparation ;
- conserver les clés, les factures et les justificatifs de possession ;
- respecter le délai de déclaration figurant au contrat.
Ces gestes alimentent aussi la preuve en cas de litige ultérieur, un sujet traité dans notre guide sur les preuves à conserver en cas de litige VTC.
Immobilisation, assistance, perte d'exploitation : trois dossiers distincts
Un véhicule volé ou vandalisé est souvent immobilisé. Trois besoins différents peuvent se présenter, sans qu'aucun ne doive être confondu avec la RC professionnelle :
- l'assistance, prévue au contrat du véhicule, peut couvrir le remorquage ou le dépannage selon les stipulations ;
- la perte d'exploitation, si elle a été souscrite, peut répondre de la perte de chiffre d'affaires ;
- la RC professionnelle ne couvre pas, par elle-même, les conséquences économiques de l'immobilisation.
Pour distinguer ces besoins, consultez notre guide sur le véhicule VTC immobilisé : assistance, perte d'exploitation et RC pro.
Et si le véhicule volé cause un dommage à un tiers ?
Si le véhicule volé est impliqué dans un accident pendant la disparition, la question relève de la responsabilité civile du véhicule, examinée dans son propre contrat, et non de la RC professionnelle. Les deux garanties répondent de logiques distinctes.
Pour les véhicules immatriculés, le Fichier des véhicules assurés recense les contrats de responsabilité civile automobile, comme le rappelle le service public. Ce fichier renseigne sur l'existence d'une couverture du véhicule ; il ne remplace pas la preuve d'une RC professionnelle VTC, exigée par l'article L3120-4 du Code des transports. Ces deux informations ne se substituent pas l'une à l'autre.
Questions fréquentes
Le vol de mon véhicule est-il couvert par mon attestation de RC professionnelle VTC ?
Non, par principe. L'attestation de RC professionnelle prouve une couverture de responsabilité civile professionnelle exigée par l'article L3120-4 du Code des transports. Elle ne prouve pas l'existence d'une garantie vol, qui est une stipulation du contrat d'assurance du véhicule.
Quel est le délai pour déclarer un vol à mon assureur ?
Le Code des assurances prévoit que le délai de déclaration est fixé par le contrat et que le minimum est ramené à deux jours ouvrés en cas de vol. Le délai précis figure dans les conditions du contrat concerné : c'est ce document qui fait foi.
Que faire si mon véhicule volé est retrouvé endommagé ?
Documentez l'état du véhicule et les circonstances, puis conservez les preuves. La suite dépend des stipulations du contrat du véhicule. Aucune indemnisation ne peut être annoncée à l'avance : seul l'examen du contrat et du dossier permet de déterminer les garanties mobilisables.
En résumé. Le vol ou le vandalisme d'un véhicule VTC ne constitue pas, par défaut, un dossier de RC professionnelle. La première démarche consiste à identifier le bon contrat, à relire ses garanties et ses exclusions, puis à déclarer dans les délais en conservant les preuves. Ces réflexes évitent de se tromper de dossier au moment où la réactivité compte le plus.
Un doute sur le contrat à mobiliser après un vol ou un acte de vandalisme ? Votre dossier mérite d'être relu avec méthode. Consultez les informations disponibles sur la page chauffeur pour vérifier vos attestations et vos obligations avant de déclarer un événement.
Sources officielles
- Code des transports, article L3120-4 — Légifrance : obligation de justifier d'un contrat de RC professionnelle.
- Code des assurances, article L113-2 — Légifrance : réponses aux questions de l'assureur et déclaration des sinistres.
- Comment prouver qu'un véhicule est assuré ? — Service-Public.fr : le Fichier des véhicules assurés.
- Que faire en cas de vol d'un véhicule ? — Service-Public.fr : plainte et déclaration à l'assurance.
- Conditions générales et particulières de votre contrat d'assurance du véhicule : à vérifier pour les garanties vol et vandalisme, leurs exclusions et les documents exigés.




