Ajouter une activité de livraison, de courses de colis ou un autre service à une activité de chauffeur VTC est une décision de diversification courante. Elle soulève pourtant une question qui précède le premier kilomètre : le contrat d'assurance couvre-t-il cette prestation ? Rien ne permet de le présumer. Ce guide vous propose une méthode de vérification fondée sur le contrat, les obligations légales et quelques réflexes pratiques.

véhicule au centre de deux chemins service passagers et autre activité, sans logo
véhicule au centre de deux chemins service passagers et autre activité, sans logo

VTC et livraison : deux activités, deux questions d'assurance

Le Code des transports impose aux personnes fournissant des prestations de transport public particulier de pouvoir justifier, à tout moment, d'un contrat couvrant leur responsabilité civile professionnelle. Cette obligation concerne le transport de personnes. La livraison de colis n'est pas, par nature, une prestation de transport public particulier de personnes : elle ne relève donc pas automatiquement de la même obligation ni du même libellé de contrat.

Ne mélangez pas non plus deux garanties distinctes. Le Code des transports exige une justification de RC professionnelle, mais le véhicule et la circulation relèvent de garanties séparées du contrat. Ajouter une activité de livraison peut concerner le véhicule, la marchandise transportée, l'activité déclarée, ou les trois à la fois.

Le libellé du contrat, point de départ de la vérification

La première vérification consiste à relire le libellé d'activité inscrit dans le contrat et l'attestation. Si le contrat mentionne uniquement le transport de personnes, une activité de livraison n'y est pas incluse par magie : chaque contrat a son propre périmètre. Une vérification contractuelle s'impose avant de conclure quoi que ce soit.

Il est recommandé de poser la question par écrit à l'assureur et de conserver la réponse. Une réponse orale ou implicite ne remplace pas une confirmation écrite dès lors que le périmètre de la garantie est en cause.

Déclarer une circonstance nouvelle : l'obligation légale

L'article L113-2 du Code des assurances fixe plusieurs obligations concrètes pour l'assuré : répondre exactement aux questions posées par l'assureur, déclarer les circonstances nouvelles qui aggravent le risque ou en créent un nouveau et rendent inexactes ou caduques les réponses données à la souscription, dans les quinze jours de leur connaissance, par lettre recommandée ou envoi recommandé électronique, et aviser l'assureur d'un sinistre susceptible de mettre en jeu la garantie dans le délai prévu au contrat. Ce délai contractuel ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés ; en cas de vol, le minimum légal est de deux jours ouvrés. Il court à compter de la connaissance du sinistre et le contrat peut prévoir un délai plus long.

Ajouter une activité est précisément le type de circonstance nouvelle à examiner : l'ajout peut modifier les réponses données au questionnaire de souscription. Le réflexe n'est pas d'attendre la souscription suivante, mais de consulter les conditions du contrat sur les modalités de déclaration. Pour approfondir l'ordre des déclarations, consultez notre dossier : activité VTC qui évolue : quels changements déclarer à son assureur.

Cette obligation légale doit être distinguée d'une condition contractuelle : certains contrats encadrent la déclaration de façon plus précise. La lecture des conditions générales et particulières reste la seule façon de connaître le contenu exact de votre contrat.

Les questions à poser avant la première livraison

Avant de commencer, posez à votre assureur des questions précises plutôt qu'une question générale. Exemples : la livraison est-elle couverte par l'activité déclarée ? Le véhicule reste-t-il utilisé dans les conditions prévues ? Le contrat distingue-t-il le transport de personnes du transport de colis ? Des marchandises particulières sont-elles exclues ? Un accompagnateur ou un salarié supplémentaire modifie-t-il la déclaration ?

Chaque réponse doit être confrontée aux documents contractuels. Une recommandation pratique : ne vous contentez pas d'une estimation orale, demandez une confirmation écrite et archivez-la dans le dossier du véhicule. Pour structurer votre lecture, notre article comparer les RC Pro VTC : les questions à poser avant de choisir peut vous aider.

Avant la première course : un point de contrôle en quatre étapes

Une méthode simple évite les oublis. Premièrement, relisez l'attestation et les conditions du contrat. Deuxièmement, vérifiez si le questionnaire de souscription a changé : nouvelles réponses, nouvelles informations à transmettre. Troisièmement, échangez par écrit avec l'assureur et conservez la trace. Quatrièmement, ne démarrez l'activité que lorsque la situation est documentée, et pas seulement envisagée.

Formalités de l'activité et assurance : ne pas tout mélanger

Les formalités liées à une nouvelle activité sont distinctes de la question de l'assurance. Une formalité accomplie auprès d'un guichet administratif ne vaut pas confirmation que l'assureur couvre la prestation, et inversement. Chaque démarche a son objet. En cas de doute sur une formalité propre à votre situation, renseignez-vous auprès de l'organisme compétent, puis adressez-vous à votre assureur pour le volet garanties. Pour une activité exercée à temps partiel, voir aussi : VTC à temps partiel : que faire de la RC Pro ?

Questions fréquentes

Faut-il déclarer une activité de livraison à mon assureur ?

L'article L113-2 impose la déclaration des circonstances nouvelles qui aggravent le risque ou en créent un nouveau et rendent inexactes ou caduques les réponses données à la souscription. Cette déclaration intervient dans les quinze jours de leur connaissance, par lettre recommandée ou envoi recommandé électronique. Toute modification ne relève donc pas automatiquement de ce mécanisme. Vérifier l'acceptation de la livraison avant de commencer reste une démarche distincte, utile pour connaître votre couverture.

Ma RC Pro VTC couvre-t-elle automatiquement la livraison de colis ?

Non, rien ne permet de le présumer. Le libellé du contrat détermine les activités couvertes. C'est une question à poser à l'assureur et à confronter aux documents contractuels.

Que se passe-t-il si j'attends pour déclarer ma nouvelle activité ?

La déclaration des circonstances nouvelles relève d'une obligation légale assortie de délais. Ce guide ne peut ni anticiper les conséquences d'un retard ni les déduire d'une règle générale : chaque situation dépend du contrat et des faits.

Conclusion

Ajouter la livraison ou un autre service à une activité VTC est possible, mais cette diversification commence par une vérification, pas par une supposition. Relisez le libellé du contrat, confrontez-le aux obligations du Code des assurances et du Code des transports, posez des questions écrites et conservez les réponses. Une activité mal documentée avant le premier kilomètre expose à des surprises au moment le plus inopportun.

Vous voulez vérifier votre situation sereinement ? Découvrez comment préparer une demande d'assurance adaptée à votre activité réelle : je prépare mon dossier RC Pro VTC.

Sources officielles