Comprendre les réformes et préparer un changement
L’assurance emprunteur accompagne un prêt selon les exigences du prêteur et les garanties souscrites. Ce guide porte sur les réformes de l’assurance d’un crédit immobilier ; les règles de substitution présentées ne s’étendent pas automatiquement à tout crédit à la consommation. Décès, invalidité, incapacité ou perte d’emploi se vérifient dans le contrat et ses options.
Le prêteur peut demander une assurance pour accorder un crédit immobilier et définir les garanties attendues. Pour préparer un changement, distinguez les étapes historiques de la procédure actuelle : les anciens repères de douze mois ou d’échéance annuelle ne décrivent plus la substitution présentée ici.
Ce guide relie chaque réforme à son rôle, puis propose un dossier de comparaison : documents du prêt, garanties exigées, contrat proposé, coût sur une même durée et échanges avec le prêteur.

Qu’est-ce que l’assurance emprunteur ?
L’assurance emprunteur est un contrat signé en parallèle d’un prêt, qui prend en charge tout ou partie des remboursements si l’emprunteur est frappé par un sinistre couvert : décès, invalidité, incapacité de travail, voire perte d’emploi selon les options.
La loi ne l’impose pas de manière générale ; le prêteur peut l’exiger pour le crédit envisagé. La proposition peut provenir :
soit auprès de la banque prêteuse (assurance groupe)
soit auprès d’un assureur externe (délégation d’assurance)
Pour un contrat externe, comparez le niveau de garanties avec celui exigé par le prêteur. Le choix d’un autre assureur ne dispense pas de cet examen.
Les lois majeures qui encadrent l’assurance emprunteur
1. La loi Lagarde (2010) : le repère de l’équivalence
Dans sa synthèse historique de novembre 2018, l’ACPR rappelle le principe adopté en 2010 : le prêteur ne peut refuser un contrat d’un niveau de garanties équivalent à celui qu’il propose. Ce repère permet de comprendre la délégation d’assurance ; il ne démontre ni une économie ni l’acceptation de n’importe quelle proposition.
2. La loi Hamon (2014)
La loi du 17 mars 2014, dite Hamon, a permis un changement dans les douze mois suivant la signature de l’offre de prêt, pour les offres émises à compter du 26 juillet 2014. L’ACPR retrace ce dispositif dans sa publication de 2018.
Ce dispositif limité à la première année appartient désormais à l’historique des réformes : depuis la loi Lemoine, un contrat d’assurance emprunteur lié à un crédit immobilier peut être remplacé à tout moment, sous réserve de l’accord du prêteur sur l’équivalence des garanties.
3. La réforme Bourquin : loi de 2017, application en 2018
La synthèse de l’ACPR rattache la résiliation à l’échéance annuelle à la loi du 21 février 2017 et précise son application depuis le 1er janvier 2018, quelle que soit la date d’octroi du crédit. Ce repère est historique. Il ne faut pas demander aujourd’hui une substitution en se fondant uniquement sur cette ancienne échéance : la procédure actuelle du crédit immobilier permet une demande à tout moment, avec examen de l’équivalence des garanties.
4. La loi Lemoine (2022)
La loi Lemoine de 2022 a modifié le cadre de la substitution et certains accès à l’assurance. Pour une démarche actuelle, lisez la fiche Service Public avec les conditions propres au prêt et à l’assuré.
Mesures phares :
Substitution à tout moment pour les contrats entrant dans le champ du crédit immobilier concerné, avec examen de l’équivalence des garanties par le prêteur.
Pour la suppression du questionnaire de santé, vérifier la part assurée et le cumul des encours assurés dans les conditions légales du seuil de 200 000 € par assuré, ainsi que le remboursement avant son 60e anniversaire ; ne pas raisonner sur le seul montant d’un nouveau prêt.
Droit à l’oubli : le repère de cinq ans pour le cancer ou l’hépatite C se lit avec ses conditions, notamment le point de départ après la fin du protocole thérapeutique et l’absence de rechute. Vérifiez les règles AERAS applicables à votre situation.
Ces mesures ont des champs et conditions distincts. La substitution du contrat, la suppression du questionnaire médical et le droit à l’oubli ne doivent pas être regroupés comme trois droits acquis pour toute situation.
Impacts concrets de ces lois pour les emprunteurs
Grâce à l’évolution de la réglementation, les emprunteurs peuvent aujourd’hui :
choisir librement leur assureur
demander une substitution à tout moment dans le champ légal concerné, sous réserve de l’équivalence des garanties et de l’accord du prêteur
négocier des contrats plus avantageux, adaptés à leur profil
examiner les possibilités d’assurance en présence d’antécédents médicaux selon les conditions légales, AERAS et les contrats proposés
Le gain éventuel dépend du profil de l’assuré, des garanties exigées, du capital restant dû, de la durée et des tarifs proposés. Il doit être vérifié sur une comparaison personnalisée, sans promesse de montant.
Préparer un dossier de comparaison et suivre la demande
- Décrire le prêt : rassemblez l’offre, le tableau d’amortissement, le capital restant dû et la durée restante. Notez la part assurée pour chaque emprunteur et les contrats déjà en cours.
- Identifier les garanties attendues : conservez la fiche standardisée d’information et les exigences communiquées par le prêteur. Pour chaque garantie, rapprochez définition, quotité, franchise, délai de carence, exclusions et limite d’âge dans les documents des propositions.
- Comparer sur une même période : demandez un coût total sur la durée retenue et le détail du calcul des cotisations. Une mensualité isolée ne suffit pas à comparer des propositions dont la base ou l’évolution diffère. Conservez aussi les frais annoncés et les dates d’effet proposées.
- Transmettre et tracer : adressez le nouveau contrat et les pièces permettant d’examiner l’équivalence au prêteur. Gardez une copie du dossier envoyé, sa date de réception et les demandes de complément ou réponses reçues.
- Coordonner les contrats : vérifiez l’accord et les dates de couverture avant de mettre fin à l’ancien contrat. Si la réponse manque ou soulève une difficulté, formulez la question par écrit puis utilisez le circuit de réclamation approprié.
Cette fiche de travail aide à préparer la comparaison. Elle ne certifie pas l’équivalence d’un contrat, l’accès à une garantie ni le montant d’une économie.
Foire aux questions (FAQ)
L’assurance emprunteur est-elle obligatoire ?
La loi ne l’impose pas de manière générale, mais un prêteur peut l’exiger pour accorder un crédit immobilier et définir les garanties minimales attendues.
Peut-on changer d’assurance à tout moment ?
Pour l’assurance d’un crédit immobilier entrant dans le champ de la loi, une substitution peut être demandée à tout moment. Elle suppose de présenter au prêteur un contrat de niveau de garanties équivalent et de coordonner les dates de couverture ; ce droit ne signifie pas que toute nouvelle proposition est acceptée automatiquement.
Et si j’ai des problèmes de santé ?
La suppression du questionnaire médical s’applique sous conditions. En dehors de cela, le droit à l’oubli vous protège dans certains cas (cancer, hépatite C).
Que faire si la banque refuse mon nouveau contrat ?
Le prêteur doit motiver son refus en indiquant les garanties ou informations manquantes. En cas d’accord, il dispose de 10 jours ouvrés après réception de la demande pour modifier le crédit par avenant. En cas de litige persistant, utilisez d’abord la réclamation interne puis le médiateur compétent.
Décider à partir des documents du prêt
Les trois repères historiques expliquent comment le choix d’un contrat externe et les possibilités de changement ont évolué. Pour agir aujourd’hui, partez du régime actuel, des garanties exigées et des documents reçus ; ne réutilisez pas une ancienne date anniversaire comme unique règle de décision.
Avant de retenir une offre, identifiez ce qui est établi et ce qui demande encore une réponse : équivalence, coût sur la même période, conditions d’accès et dates de couverture. Une question non résolue doit rester visible dans votre dossier plutôt qu’être déduite du nom du contrat.
Sources officielles
La fiche Service Public présente les règles actuelles. La publication ACPR de novembre 2018 documente les étapes historiques ; elle ne décrit pas à elle seule la procédure actuelle. Vérifiez les conditions propres au prêt et au contrat.







